Cadieux parlementa avec brio. L’intendant semblait parfois amusé, parfois songeur. En fin d’audience il m’adressa la parole. Il me questionna sur mes connaissances. Je prétendis que Cadieux était celui qui m’avait tout enseigné. Ma peau claire joua en ma faveur. Mes cheveux crépus, moins. Mon élocution fut mon premier allié. Finalement, il nous demanda d’attendre dans un petit salon et s’enferma avec son secrétaire. Une heure plus tard, nous étions en possession de l’acte de naissance qui faisait de moi un homme à part entière. J’en fus troublé, je l’avoue. Je vivais depuis longtemps en homme libre, mais ce document prouvais que j’avais toujours eu raison de le faire. Cadieux rayonnait. Il eut un mouvement vers moi, puis se retint. J’eu un mouvement vers lui, me retins et le pris enfin contre moi.
- Merci.
Il pleurait.
La route du retour se fit en silence. Non par bouderie mais par inutilité de la parole.












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