Lettre Ouverte à Mes Nouveaux Voisins

J’aurais voulu vous dire bonjour de vive voix mais vous allez si vite de votre porte à votre auto, sans jamais regarder les gens autour de vous, que je n’y suis pas parvenu. J’ai donc pensé vous écrire un petit mot de bienvenue mais vos boîtes aux lettres sont à l’intérieur, bien protégées des importuns, le journal local ne doit pas vous intéresser non plus alors avec un peu de chance, vous tomberez un jour sur ce blog.

Tout d’abord, merci d’avoir choisit ce secteur de la ville pour vous installer. La série de condos que vous occupez rehausse vraiment le paysage.
Ainsi donc, joyeux célibataires amoureux de la nature, vous avez pensé qu’un appartement en face d’un parc pour enfants ou au millieu d’une cours d’école primaire était l’endroit idéale pour vous, grisette et fido; et qu’en pense votre Ipad, apprécie-t’il sa petite chambre?

Je ne voudrais surtout pas vous faire regretter votre choix mais vous habitez Pointe St-Charles et non pas le « Sud-Ouest » comme vous l’a mentionné votre promotteur immobilier. Vous n’êtes pas non plus dans la banlieue nord de l’île des soeurs.
C’est un quartier très familiale où les gens se côtoient, s’adressent la parole, se disent bonjour. Les enfants jouent dehors, ils en ont le droit. Ils fréquentent la bibliothèque, le centre de loisirs et bien entendu les parcs, tout seuls, comme des grands. Ils crient, ils piaillent, ils rient, ils s’amusent, quoi.
Parfois ils disent des gros mots, mais si vous tombez par terre, ils se précipiteront à votre secour.

Derrière chez-vous il y a un train. Vous ne l’aviez pas remarqué? Dans le parc, l’été, il y a des joueurs de pétanque et des lanceurs de fers. Quétaine? Ben oui. Ça fait partie du charme.
Ici, les gens se sont fait leur bonheur depuis longtemps. Bien avant que le mot condo n’existe.
Des mots, ils en connaissent plein. Leur préféré c’est: « communautaire ».

Ils sont inventifs et tenaces. Ils sont accueillants mais vigilents. Ils sont chez-eux. Ils voudraient que vous y soyez aussi à l’aise qu’eux. Ils voudraient vous faire connaître la place. L’histoire de leur quartier est passionnante. S’y intéresser c’est s’y identifier car elle est porteuse de fierté.
Un petit truc, laissez les clées de votre auto sur votre table de salon et promenez-vous. Nous serons contents de vous saluer. Allez, prenez le risque. Je vous le dis: Marcher dans Pointe St-Charles n’a rien d’héroïque. C’est même plutot sympathique.
Bienvenue chez-vous et aimez ce quartier, afin qu’il reste ce qu’il est: Un lieu vivant!

Monami, le chat communautaire

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Je suis en rade

Je ne me comprend pas moi-même.  J’ai toujours quelque chose à dire mais depuis quelque temps je n’arrive plus à pondre le moindre texte.  Vous aurez remarqué que ma production a drôlement baissée.  Des mois sans inspiration.  C’est quoi ça?  Mon seul loisir.  Est-ce à dire que je suis arrivé au bout de mon plaisir d’écrire?  Urg!

Quelqu’un a-t’il un truc pour retrouver l’inspiration?

Monami, le chat improductif

Les Monstres Meurent Aussi

                                                                                 LE DRAGON BLANC

 

 

Il nourrissait sa rage en contenant son feu

Et mordillait sa queue pour mieux souffrir de haine

Le dragon  »voulant », envieux plus qu’ambitieux

Tout lui paraissait bon pourvu qu’il fut à l’autre

Regardant de haut  ce qui le dépassait

Renversant en chemin, le petit qui le craint.

- « Je veux, je veux, c’est ma seule volonté

Il veut, il veut, cessons de respirer

Tant que ne vient  son heure

Nous sommes sujettes à crime d’honneur ».

 

 

Mange un char, Richard!

Mais ce n’est pas ton nom

Casse-toi le tronc, Du Con.

De ta fatuité  ne nous est resté

Qu’un petit tas de cendres.

 

Je lève mon verre au grand festin des vers

Qu’ils te vômissent ou se régalent

Ça m’est égal

Personne, ici, ne te pleure.

Pourtant, lorsque j’écoute la musique qui t’emplissait l’esprit

Je ne me résous pas à t’appeler  »Maudit »

Alors, malgré ta pauvre histoire

Je me contrains à croire que ton envol est pris

Et que ton âme aussi aura droit au répit.

 

La tête à prix qui te survie,

 

Ton petit joint maman

Fume ton joint, maman, fume ton joint

Ça te fait du bien, maman, fume ton joint

Moi, j’ai pas le choix, je fume avec toi

La tête pleine de boucane je te vois qui ricane

 

Fume ton joint maman, fume ton joint

Ils sont sympas tes copains, maman, tellement sympas

De temps en temps l’un d’eux me regarde et dit:

Ça sent la marde.

Tu ris comme une dinde que tu es, maman

L’heure passe avant que tu ne change ma couche.

 

Fume ton joint maman, fume ton joint

J’irai à l’école de temps en temps, maman

Tu diras que tu m’aime trop, que tu veux me garder avec toi

On fumeras tes joints maman, ça nous fera du bien.

 

Je ne saurai ni lire ni écrire, maman, mais je connaîtrai le prix

du gramme et de l’once, on fera du jardinage maman,

On aura un business, on sera en affaire, on fera beaucoup de sous

Mais on aura rien du tout.

 

Fumes ton joint, maman, fume ton joint

Merci de m’avoir donné la vie, de me l’avoir reprise aussitôt

Merci d’avoir fait de moi un idiot, un mort vivant, un zombie Joe.

Fume ton joint, maman, fume ton joint

l’utilité de Dieu

Je ne crois pas qu’il serait profitable pour l’humanité de jeter l’idée de Dieu.  Ce qu’il y a de dommageable pour le monde, ce sont les religions et leur désir de domination.  Dans nos écoles, actuellement on enseigne, bien hypocritement, les religions.  C’est du n’importe quoi car les maîtres et maîtresses à qui on confie cette mission n’ont habituellement que peu de connaissances dans le domaine et ne sont pas autorisés à discuter spiritualité mais bien à annoner comme des perroquets ce que le programme leur demande d’enseigner.  Il s’agit d’idées pré-mâchées dont le but gnangnan est de donner une image idéalisée des différentes religions afin de ne froisser personne.  On n’invite pas les enfants à réfléchir sur le bien fondé des dogmes et recommandations religieuses ni de la probabilité de l’existence de Dieu.  Non, on ne profite pas du tout de notre soi-disant liberté d’expression pour enrichir le sens critique de nos futurs adultes.  Nous nous taisons sous notre verbiage.  Nous nous gardons bien aussi de les instruire sur les impacts politiques et géographiques des religions depuis qu’elles existent.  Puisque de toutes façons nous sommes convenus tacitement de ne plus enseigner l’Histoire alors pourquoi risquer d’instruire nos petits via la niaiserie religieuse?  Non, restons-en à la bébêterie du ti-nénus pis du gentil prophète vendeur de cacahuètes.  Taisons les horreurs, les injustices, l’immoralité le désordre créé par les religions, quelles qu’elles soient.  N’incitons pas non-plus nos chéris à développer une pensée spirituelle.  Rien qui puisse faire avancer le discours et encore moins la communauté humaine.  Sous prétexte d’aider les enfants à accepter les autres, nous leur indiquons leurs différences mais ne faisons rien pour leur permettre d’évoluer.

Je dis qu’il ne faut pas jeter l’idée de Dieu car je pense que c’est une bonne gymnastique du cerveau.  Cette magnifique intuition universelle est une occasion unique de quitter les notions matérialistes qui drainent tant nos énergies pour nous en reposer et stimuler notre sens créateur.  Mais la conclusion à laquelle chacun de nous en arrive dans l’intimité de sa conscience ne doit en rien donner lieux à la domination de la conscience des autres.  C’est pourquoi il est impératif de libérer les générations à venir du joug des dogmes religieux, tout en leur permettant une spiritualité non directive.

 

 

 

 

 




La seule chose qui me rassure dans la vie, c’est que je sais qu’elle finit un jour.  Cela m’a tourmenté de nombreuses années.  Du plus loin que je me souvienne, je m’angoissais en cherchant à percer les mystères de la mort.  Rien ne me semblait plus important.  Comment vouloir vivre en sachant que tout est vain?  L’idée de mourir ne me tourmente plus, elle m’apaise.  Comme il sera bon cet ailleurs, sans lieu.  Mais je n’y courrai pas.  Je m’y rendrai en marchant, comme tout le monde.  Je ne devancerai pas le destin.  Je n’ai pas cette témérité.  Puisque de toute façon, je n’y échapperai pas, pourquoi précipiter les choses.  En attendant je suis ici et j’essaie de me donner figure humaine. 

Je ne veux pas amener ma souffrance dans l’éternité, je dois expier ici.  J’ai commis les plus grandes fautes que l’on puisse.  Je n’ai pas su donner le sentiment d’amour à ceux qui m’ont entourés.  Que j’aie essayé ou non n’a aucune importance, il fallait réussir.  Les miens ne sont pas heureux.  J’aurais dû faire mieux.  Il n’y a pas de plus grand châtiment que cet échec.  Impossible à réparer. 

Les meurtriers sont de meilleures personnes que moi.  Ils ont mis fin aux souffrances de leurs victimes.  Moi, je n’ai qu’aggravé celles de ceux que j’aime. 

Il n’y a ni issue ni excuse ni pardon.  Aucune réparation possible.  Même en retournant dans le passé je ne pourrais rien faire de mieux puisque je serais la même personne dans les mêmes circonstances avec les mêmes protagonistes.

Demain, je regarderai l’horizon et je ferai comme si…

Définir la foi

On me demande si je crois en Dieu et je réponds, oui.  Pourtant, rien dans ma définition de Dieu ne corresponds à mes croyances.  L’autre jour j’ai entendu quelqu’un parler de l’ »état divin ».  Le déclic s’est fait.  Je ne crois effectivement pas en un être supérieur car cela suppose une entité unique, dominante et individualiste.  Mais je crois en un état supérieur.  État auquel nous sommes tous conviés.  C’est bien de cela dont il est question dans le christianisme comme dans plusieurs autres religions et philosophies. 

Mon identification au christianisme dépend seulement de l’éducation que j’ai reçue et de mes références culturelles en ce sens.  Je pense simplement que Jésus de Nazareth acceptait sa nature divine, qu’il avait certainement vécu des expériences extatiques qu’il a tenté de partager avec nous.

Nous sommes un peu bébêtes, nous, les humains; nous nous refusons  ce qu’il y a de mieux.  Nous avons peur de notre propre puissance.  Nous réduisons au silence le petit enfant qui exprime sans le filtre de l’idiotie savante, son expérience métaphysique.  Nous rions joyeusement ou nous inquiétons de trop d’imagination.  Nous forçons la dose pour que chacun soit identique à l’autre.  Que celui qui a la mémoire, oubli. 

-  Non, affirme-t’on doctement:  Tu ne peux te rappeler ton premier souffle.  Mais non, personne n’a de souvenir avant l’âge de trois ans.  Alors on se conditionne à oublier.  

-  Allons, que raconte-tu, encore.  Il est impossible que tu aies souvenir de ta grand-mère chantant cette berceuse, elle était morte avant que tu ne viennes au monde.  On te l’aura raconté.  

-  Cesse de dire des mensonges, tu ne peux avoir prédit cet évènement.  Ce sont les charlatans et les fraudeurs sans scrupule qui prétendent savoir de quoi l’avenir sera fait.

Dépêchons-nous vite de devenir spirituellement handicapés.  Nions énergiquement ce qui n’est pas socialement acceptable.   Croyons fermement que Dieu a écrit des livres plein de méchancetés  mais refusons de même supposer une quelconque capacité à nous surpasser.

Faisons semblant de croire en ce qu’il y a de plus grand en le réduisant à ce qu’il y a de plus petit; L’Homme matériel, Adam.

Dieu créa l’homme à son image.  C’est peut-être vrai, alors, qu’attendons-nous pour nous reconnaître comme des êtres tout puissants?

Ça fait peur. Il reste toujours ce petit côté terre-à-terre.  Comment savoir si je suis fou? 

Suis-je vraiment allé là, ou n’était-ce qu’une simple illusion?  Ai-je vraiment vu et ressenti cette lumière blanche ou mon imagination débridée me l’a fait croire? 

J’accepte humblement les expériences sensorielles* comme faisant partie intégrante de la réalité.

Bienheureux les simples, car le royaume des cieux est à eux.

Pas les simples d’un point de vue matériel.  Pas les simples en raison de la classe sociale.  Les simples qui ne se posent pas inutilement de question mais qui acceptent la vie telle qu’elle leur apparait sans chercher constamment une explication mathématique à tout.

La mathématique est à la matière ce que le recueillement est à l’esprit.  L’un ne doit pas tuer l’autre.

 

* C’est à dessein que j’utilise le mot sensoriel plutot qu’extrasensoriel.

                                                                                         

                                                                                             Monami le chat, dans la peau d’un humain. 

Les Anges de La Terre

L’esprit de Noël vient de s’emparer de moi.  Ça y’est, j’ai envie de faire plaisir aux autres et je pense à ceux qui ont été bons pour moi.  Je révise mon année.  C’est la meilleure des quarante dernières.  Peut-être plus.  Elle n’est pas terminée, je savoure chacune des journées qui passent espérant que celles qui composeront 2012 m’apporteront autant de sérénité que celles de 2011. 

Les Anges

La vie n’est pas facile, je suis bien placée pour en témoigner.  Beaucoup de gens souffrent dans leur chair et dans leur âme.  Beaucoup de larmes se versent tandis que d’autres se ravalent pour ne pas aggraver la situation.  Mais tout au long du chemin, il y a des anges.  De braves gens qui tendent la main.  Ils n’ont souvent qu’à peine conscience du bien qu’ils font.  Je voudrais rendre hommage à quelques-uns d’entre eux.

Commençons par cette fillette d’une douzaine d’années.  Nous étions amies.  Nouvelle dans le quartier, elle se démarquait.  Enfant unique d’un père écossais et d’une mère française, elle était bilingue et fréquentait l’école anglaise.  Autre particularité, elle possédait une imagination débordante, comme moi.  Il m’arrivait de ressentir une certaine jalousie à son égard car tout le monde l’aimait pour sa gentillesse et sa drôlerie.  Je mettais ses qualités sur le fait qu’elle était choyée par deux parents vraiment âgés comparés aux autres et que ce devait être plus facile pour une enfant unique.  Mais l’amitié prenait le dessus et nous repartions pour de nouvelles aventures. 

Par une journée de canicule, nous optâmes pour la piscine municipale.  Je nageais un peu mais pas dans le creux car je ne tenais pas assez longtemps pour me permettre de perdre pied. Linda l’intrépide  décida de faire la course alors que nous marchions sur le bord, du côté le plus profond.   J’acquiesçai à sa demande, me disant qu’après tout, nager c’est nager et que je n’aurais qu’à me forcer pour atteindre le but.  J’avais surtout trop honte pour admettre qu’à mon âge, (dix ans) je ne nageais qu’en eau peu profonde.

Un, deux, trois, Hop! on saute.  Et je descends, je descends, je descends, pok, je remonte, je remonte, je remonte.   Ma tête sort enfin de l’eau, je vois mon amie qui nage gaiement, elle est loin.  Je descends, je descends, je descends, pok, je remonte, je remonte, je remonte, mais pas autant que la première fois, juste assez pour sortir le bras et crier « à l’aide ».  Je descends, je descends, je descends et je pense que je suis en train de me noyer.   Je remonte, je remonte, je remonte jusqu’au nez, je ne peux même pas prendre mon air.  Je descends, je descends je descends, je vais mourir, j’ai vu dans un reportage à la télé, que les gens qui se noient ne reviennent à la surface que trois fois.  Je remonte à peine, je redescend, impuissante.  Une petite fille m’attrape et va me sortir de l’eau mais j’ai tant besoin d’elle que je m’agrippe et nous retournons au fond toutes les deux.  Je me rappelle alors que dans le  reportage on expliquait que les personnes en train de se noyer entraînaient souvent leur sauveteur dans la mort avec elles parce qu’elles les étreignaient si fort qu’elles les neutralisaient.  De toute ma volonté, je désserre mes bras et mes jambes et je me laisse remonter par ma belle et charmante amie.  Merci, j’en pleure encore.  Merci, tu m’as sauvé la vie. 

Je ne sais pas où tu es maintenant, mais je n’oublierai jamais que je te dois chacun de mes battements de coeur depuis ce moment.  Merci petit ange courageux, que la vie te soit douce à jamais.

 

Lettre à Mon Ado

Si je crie c’est que j’ai peur du monstre caché sous ton lit.  Comme à tes premières années quelqu’un a besoin de se faire rassurer.  Je crains qu’il ne t’emporte et que tu ne reviennes plus.  J’ai peur qu’il t’éloigne, t’entraîne sur les mauvais chemins.  J’ai peur de n’avoir pas la force nécessaire à le combattre.  Alors, je crie.  Tout mensonge de ta part, m’effraie au plus haut point.  Comment te retrouverai-je si je ne sais où commencer les recherches?  J’ai peur. 

Lorsque tu m’en veux, je souhaiterais posséder une boule de christal qui te laisserais voir l’avenir des enfants rebels.  Mais tu n’y croirais pas et moi je regretterais  vite de t’avoir soupçonné.  Je perdrais ta confiance, alors nous serions deux à nous méfier de l’autre.  Ce serait comme la guerre et ce fichu loup blanc se montrerait la queue.  Il rôde, il attend, patient, il sait qu’un jour viendra où tu ne m’entendras plus. 

Aide-moi à m’endormir paisible, raconte-moi une histoire plausible.  Je veux croire à une vie bien faite exempte de tout mal.  Je ne crierai plus, promis si tu chasse avec moi, le monstre sous ton lit.

Le petit Philibert

nuite.jpgJ’ai jamais trop su, c’était ton nom ou ton prénom?  En fait, tu n’avais rien d’intéressant, et je ne me rappellerais plus de toi, si il n’y avait eu ce soir là.  Il faisait froid.  Un beau froid cassant comme le bon dieu de bon Dieu en apporte aux pauvres gens, par pur caprice, par pure malice.  Moi, je faisais du pouce sur la route noire.  Rien ne me protégeait vraiment du froid.  Lorsque tu m’as ramassée, j’étais contente, rassurée.    Je te croyais un chic type.  Je te faisais confiance.  Dans cette école pourrie où la moitié des profs étaient des abuseurs et la totalité de la direction, en boisson, tu ne paraissais pas.  Je n’avais même jamais remarqué que tu étais nain.  Enfin, presque nain.  C’est pire, quand on a  pas l’excuse de l’infirmité pour être aussi petit.  Moi, les petits, à prime abord, j’ai rien contre, à part que le trois quart des parfaitement cons auxquels j’ai eu à faire dans la petite chienne, ne mesuraient pas grand chose au garrot.  Toi, côté minus, tu les bats tous.

Alors, blabli, blablabla, super sympa et tralala.  Quelle merde faut être pour jouer une telle comédie.  Je m’en allais chez mes parents.  Pourquoi? je ne me rappelle plus très bien.  Quand je t’ai dit que c’était là que je voulais descendre, toi, tu t’es senti tout puissant, merdaillon.  T’as continué.  On s’est retrouvé dans un rang de Ste-Toutoune je crois.  Ou bien celui du Brûlè,  quelle importance?  Il faisait froid dans l’un comme dans l’autre.  Il faisait noir autour de la neige.   Tu m’as donné un joli choix, ou t’obéir, ou me faire abandonner, nue, à cet endroit.  Bravo, monsieur le professeur.  Chapeau, monsieur le professeur!

Moi, j’ai grossi depuis, mais je suis certaine que tu n’as pas grandi. 

Tremble pas, la feuille, je ne te reconnaîtrais pas sur la rue.  Ça m’est revenu par flash.  Si tu dis rien la merde, personne saura que c’est de toi dont il s’agit.   Ton nom?  Ben voyons, tout le monde sait bien qu’on utilise jamais les noms véritables dans les textes fictifs.  Toute ressemblance avec un minable de votre connaissance ne saurait-être que facétie du hasard.   Allez, crains rien, va faire becquer bobo dans les jupes à maman ou à soeurette si la première est morte.  Des salopards y’en a eu bien d’autres dans ma petite chienne, tu croyais quoi, te démarquer?  

Tu ne mérites pas le temps que je consacre à ce texte.  Je l’écris pour moi, par bravade.  Parce-que ça coûte moins cher qu’une séance d’hypnose.  C’est tout.

La petite chienne, c’est la vie.  Les petites chiennes, c’est joli mais ça mord des fois qu’on ne s’y attend pas.  On les aime quand même.   nuite.jpg

                                                                                        


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