Je suis la deuxième en lice. Je n’aurai jamais le premier rôle.
Je suis « prise deux ». Moins bonne que la première.
En fait, je ne suis pas sa femme et ne le serai jamais. Je suis son amante, son amoureuse, sa belle.
Je suis celle qui le rend heureux. Je suis sa permission à l’adultère.
Vous m’avez jugée d’emblée, me présumant intrigante, calculatrice, profiteuse alors que je n’étais qu’amoureuse.
Vous m’avez jaugée et comparée. Vous m’avez testée, mesurée, évaluée, de la coiffure aux chaussures; bien sûr, je ne l’égale pas.
Vous m’avez prêté l’intention que je n’avais pas .
Vous l’avez mis en garde contre moi. Après tout, c’est votre ami et elle l’était aussi.
Je ne suis pas sa femme et ne le serai jamais.
Je ne fais partie d’aucun de ses souvenirs. Je suis aujourd’hui. Hier ne me reconnaît pas; demain ne me doit rien.
Je ne suis pas sa femme et ne le serai jamais puisque c’est elle, qui l’a fait veuf.
À son dernier souffle, ce n’est pas moi qu’il quittera.
Mais elle, qu’il rejoindra.











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