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Archives pour janvier 2013

Veux-tu bien me dire

Veux-tu bien me dire, ce que je faisais dehors, en pleine nuit de janvier?  Dix-sept ans, pas de gants, un manteau de lainage, des bottes, volées chez Woolco, rien pour se tenir au chaud.   Quand je pense au froid, c’est cette nuit là qui me revient;  symbole de l’abandon.  À quelques kilomètres de chez-vous.  Je vous imaginais, dormant au chaud.  Je pensais à mes soeurs, dans leurs lits douillets.   Je pensais à ma chambre, vide. 

Cette nuit là, la petite fille aux allumettes, c’était moi. 

Les lettres sacrées, 3

Je suis la grande obscure,

Vous me cherchez là où je ne suis pas

Car vous voyez avec vos yeux

Et d’aucune autre façon.

 

Je suis la grande muette

Ma musique vous est inconnue

Car vous entendez avec vos oreilles

Et d’aucune autre façon

 

Je suis la grande absente

Mon amour vous reste interdit

Car vous ressentez avec votre corps

Et d’aucune autre façon

Je suis l’inaccessible, l’inimaginable

Vous ne me supposez pas

Car votre monde est si loin du mien.

 

Mais je vous fais confiance et vous attends sagement

Car votre ingéniosité est sans limite

Ô vous, artisans de la connaissance

Ô vous, amants des sciences.

Ne vous-y fiez pas

Celui qui écrit sa peine; vit sa joie.

Monami, le chat rieur

Tic, et Pourquoi Pas, Tac?

Quand ton enfant cessera de t’aimer, il cessera d’aimer le monde.

Mon coeur va imploser, encore.  Sous la menace d’une colère silencieuse. 

J’entends l’horloge idiote:   » tic, tac ».  Pas la moindre créativité:   »Tic, tac ».

Comme un fonctionnaire, un gratte-papier:   »Tic, tac ».

Mon coeur va imploser, encore.  Je suis l’enfant qui pleure en vain,

la mule surchargée, l’encrier renversé.

Je connais les traîtres; ils m’aiment.

Je suis le cadenas sans clé, qu’on a bêtement refermé.

Horloge idiote:   »Tic, tac, tic, tac. 

Que crois-tu donc égrener?  Non, ce n’est pas le temps. 

C’est l’éternité de l’ennui.

La pleurniche

Je crains qu’avec le temps, la solitude ne devienne irrémédiable.  Les années passent, emportant dans leurs flots, des morceaux de beauté.

Ici, la vivacité, ici, la souplesse,  là, l’éclat de la peau.  Il ne reste plus rien pour attirer à moi, l’être convoité.

Et cette habitude, de liberté; j’y tiens.  En fait, je voudrais seulement la partager,  avec quelqu’un.  

Toujours dans la folie, l’impossible, le paradoxe, je veux tout à la fois; je finis sans rien.

Je n’attends pas, je surveille.  Je ne chasse pas, j’attrape au vol. 

Qui m’a pris mes vingt ans?  Qu’on me redonne mes vingt ans!  j’exige mes vingt ans, sur le champ.

C’est là, précisément, qu’ils sont restés, mes vingt ans; sur le champ de bataille. 

Il me reste mes exploits et, mes défaites.  L’exploit d’avoir survécu à mes défaites. 

Des milliers de défaites, creusant les rides du visage,

ramollissant la peau du ventre, affaissant la glorieuse poitrine. 

Ho! ma glorieuse poitrine, c’est toi, bien plus que mes vingt ans, qui me manque.  Ma jambe parfaite, ma fesse altière, mon sein joyeux,  

pour quel infâme dessein, m’avez-vous fuit. 

Autrefois, chalutier, je rejetais à la mer, bien plus que je ne gardais.  Maintenant,  je pêche à la ligne, patiemment, et rien ne mord.

La rivière timide, dort, au soleil d’automne.  Demain, elle sera gelée. 

Qui, alors, soupçonnera que sous sa face immobile, coule l’histoire d’une vie?

 

 


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