La mort ne nous est-elle pas plus naturelle que la vie? Mathématiquement, nous sommes plus longtemps morts, que vivants. Comme le dit le poète, la vie n’est qu’un spasme. Un « entre-parenthèse » auquel nous accordons une importance inversement proportionnelle à l’espace qu’il occupe.
Tout humain doté de sens, a ce sentiment d’urgence et de préciosité face à sa propre existence. Ce que nous appelons « liberté », est l’expression de notre avidité à consumer ou consommer, le temps présent. Aucune loi morale ne vient à bout de l’urgence de vivre.
Face à la diversité des intérêts individuels, nous avons structuré nos sociétés. Croyant, ainsi, mieux vivre collectivement.
L’obséquieux nous irrite. Alors que sa parcimonie est sa façon, à lui, de retenir son temps présent. Mais sa manie de s’imposer des limites et de les multiplier, nous le rend peu sympathique. Qu’aime-t-il tant la contrainte, celui-là?
Réglementer la liberté aura été le plus grand défi humain. Socialement nécessaire; ridicule dans l’absolu.
La parenthèse reste fermée. Notre vertige, entier.
L’individu se plie aux lois, aux règles, aux convenances, car liberté n’est ni synonyme, ni gage de bonheur; encore moins de confort. Nous la définissons habituellement, par la possibilité de choisir. Mais ce mot n’a pas le même écho pour tous. Une femme voilée de la tête aux pieds , se trouvera transportée de bonheur à l’idée d’aller à l’école ou de simplement sortir magasiner avec de l’argent, qu’elle dépensera à sa guise. Alors qu’une écolière, d’une autre culture, se sentira lésée de devoir aller en classe et de n’avoir pas le choix, de la couleur de son t-shirt.
La liberté, par bien des aspects, tient de l’engagement. On s’y applique. On la souspése, l’évalue, la choisit; avec son lot de risques et de souffrances. Elle s’accompagne souvent de solitude. C’ est une profession de foi. On lui sacrifie la sécurité affective, car même à l’intérieur d’une relation, elle aura priorité. être libre n’a rien à voir avec le pouvoir sur l’extérieur. C’est un pacte que l’on fait avec soi-même.
C’est l’idée que l’on se fait, de ce qui est juste. Et la promesse de s’y conformer. Ce n’est pas une promotion sociale, ni non plus, une obligation à la déchéance. C’est un art, que l’on mettra la vie entière, à perfectionner. S’éprendre de liberté, c’est se respecter en tant que personne, capable de décider. L’homme libre ne craint pas la contrainte, il la maîtrise et s’en joue.











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