Toutes les mêmes, faciles à reconnaître. Elles se laissent aller. Jamais coiffées, vêtues sans style, épaules voûtées. Elles ne sont pas jolies et ne font rien pour l’être. Elles nous gâchent le paysage. On les rencontre ici et là. Trop bêtes pour s’associer, elles sont dispersées aux quatre coins du monde. Il y en a partout.
Leur pas est lent quoi que nerveux. C’est qu’elles ont tout donné sans jamais recevoir. Certaines ont tiré le gros lot aux naissances compliquées, sans aide, sans fortune. Un enfant handicapé, parfois, deux. Un mari qui fout le camp devant l’ampleur de la tâche, un autre qui tombe malade, une fraterie délinquante, des logements délabrés, le jugement des braves gens, le sommeil plus absent que l’amant. Les fonctionnaires prétentieux, les »aidants » vaniteux, les questionnaires laborieux. Si avec ça quelques pleutres leur ont chanté fleurette pour mieux les dominer, le tableau est complet. Mais attendez, ce n’est pas tout, il y a celles qui sont venues de loin, espérant un meilleur. Ha,ha,ha la bonne farce.
Ce sont les mères misères, on se demande pourquoi. Essayez ça, une vie sans sommeil véritable, aucun temps de relaxation, aucun espoir ni solution. On vous fait miroiter de l’aide mais en bout de ligne vous vous rendez-compte que vous ne servez qu’à justifier les emplois de ceux qui passent leur vies à questionner sans jamais rien apporter de concret. Mais vous n’avez pas le choix; c’est rien ou moins que rien. Vous choisissez le rien parce-que moins c’est vraiment pas assez.
Certaines ont un contrat à vie et emporteront leur inquiétude dans l’au-delà. D’autres seront libérées, trop tard pour se redresser. Trop tard pour se reconstruire, trop tard pour se faire des amis.
Parfois, elles rient, sans dent. Alors, c’est pire…
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