Les victimes de viol n’ont pas besoin de compassion.
Les victimes de viol ont besoin d’oubli.
Raconter c’est s’humilier encore.
Non, ça ne fait pas mal. En général on s’arrange pour ne pas y assister. On quitte les lieux de l’odieux.
Un jour elles se rendent compte, qu’en plus d’avoir volé leur dignité, les brigands de l’âme, se sont emparé d’un espace-temps. Alors, il faut y retourner. Retrouver le souvenir, au prix de la honte. Parce que cette histoire là, leur appartient aussi.
Les voyeurs auditifs veulent l’entendre et se déguisent, en ami ou en mère, mais aux points de suspension, on reconnaît le curieux, à son oeil brillant, alors que l’ami, pleurerait aussi. Non, ça ne fait pas mal, n’en déplaise aux intrus. Ce récit ne comporte pas de souffrance; Dieu en garde. Cette histoire est celle de l’erreure. Il n’y a pas que les innocents, qui puissent devenir victimes. Si tel était le cas, l’assaut serait gage de pureté. Mais ça n’est pas comme ça. On ne naît pas brebis et on ne le devient pas, par l’acte maudit. Les loups aussi peuvent subir l’outrage. Qui donc tendra ses bras, à la bête blessée? Orgueilleuse guerrière, se croyant délivrée parce que cicatrisée. Tu dois rouvrir ta plaie, cette histoire t’appartient.
La voyant tituber, vous croyez qu’elle a bu? Non, elle n’est pas ivre; elle meurt. Et elle voudrait vomir, sur ceux qui firent d’elle, un objet de mépris.











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